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Article publié le 2 avril 2026, mis à jour le 28 septembre 2026.
Un organisme de formation de près de 50 ans d’existence devait choisir un logiciel de gestion formation — pas juste en acheter un autre. Une cinquantaine de salarié·es, 200 à 300 formateur·rices sous-traitant·es, des formations courtes et longues, de l’apprentissage, des plateaux techniques, 100 % en présentiel. Une activité dense, portée par des équipes pluridisciplinaires aux métiers très différents.
Au cœur de tout ça : un logiciel développé sur mesure au fil des années. Très personnalisé, très puissant dans son périmètre initial, mais devenu difficile à faire évoluer et de moins en moins compatible avec les exigences administratives, commerciales et réglementaires actuelles. Le moment était venu de changer d’outil — collectivement, méthodiquement, sans se laisser emporter par les arguments commerciaux des éditeurs. C’est le projet qu’on m’a confié.
Ce que le directeur voulait vraiment
La demande de départ était claire : que la décision finale soit collective et assumée par tous. Pas un choix imposé par la direction, pas un arbitrage technique opaque décidé dans un coin. Un choix que chaque service pourrait s’approprier parce qu’il en aurait été acteur.
C’est une exigence que je partage : une décision prise sans les équipes, c’est une décision qu’on passe ensuite des mois à faire accepter. Concrètement, il fallait embarquer des profils très variés — de la DSI à l’accueil, de la comptabilité à la pédagogie, de la logistique à la certification — avec des besoins et des priorités radicalement différents. Et le faire sans mettre l’activité à l’arrêt : les formations continuent, les apprenant·es restent prioritaires, le projet s’adapte, pas l’inverse.
La démarche : quatre phases pour objectiver la décision
1. Écoute des équipes
Enquête écrite anonyme par pôle, complétée d’ateliers en visio pour approfondir les besoins fonctionnels. L’objectif : donner à chacun·e un espace pour s’exprimer, sans hiérarchie dans la parole. Ce que remonte l’équipe d’accueil a autant de valeur que ce que remonte la DSI — les irritants du quotidien sont souvent là où on ne regarde pas.
2. Investigation marché
Cartographie des solutions, envoi de RFI (demandes d’information formalisées) aux éditeurs présélectionnés, analyse comparative selon des critères définis collectivement. Pas de favori a priori, pas d’éditeur « évident ». Des données, un cadre, une grille.
3. Démonstrations
Ateliers de démo en visio sur des scénarios concrets tirés de l’activité réelle — pas ceux que les éditeurs auraient choisis. Grilles d’évaluation remplies par les équipes à l’issue de chaque session, pour ancrer les retours dans du factuel plutôt que dans l’impression à chaud.
4. Sélection finale
Journée sur site avec les deux éditeurs finalistes. Échanges approfondis, ouverture des négociations tarifaires et contractuelles, arbitrage collectif. La décision a été prise par la structure, pas suggérée par moi. À chaque étape, les critères ont été rendus explicites : pour les équipes, la direction et les éditeurs eux-mêmes. La transparence n’était pas un principe affiché, elle était intégrée au processus.
Pourquoi ça a duré 12 mois
La mission avait été calibrée sur 3 à 4 mois. Elle en a duré près de 12. Et non, ce n’est pas un dérapage. La conduite du changement prend le temps qu’elle prend : amener des équipes à se projeter dans un nouvel outil, à questionner leurs habitudes, à construire une vision commune, ça ne s’accélère pas sans casse. Aller vite, c’est décider seul — exactement ce que le directeur ne voulait pas. L’activité, elle, n’a jamais été mise en pause. Respecter le rythme d’une organisation, c’est aussi une forme d’expertise : un projet bien mené n’est pas nécessairement un projet rapide.
« Nous avions besoin d’un regard extérieur structuré pour choisir le bon outil de gestion, sans nous laisser emporter par les arguments commerciaux des éditeurs. Valérie a su embarquer l’ensemble des parties prenantes dès le départ, maintenir une approche collective tout au long du projet, et nous livrer une analyse factuelle et impartiale. Sa transparence, aussi bien avec nous qu’avec les prestataires, a été un vrai atout pour avancer sereinement vers une décision partagée. »
Bruno Burtre, directeur général, CFPTS
Le résultat
Le contrat a été signé à l’issue d’une négociation structurée — tarifs, conditions contractuelles, annexe RGPD gérée avec le DPO interne. Le déploiement est prévu par phases, selon un calendrier progressif co-construit tout au long du processus, ce qui facilite l’appropriation des équipes et limite les risques d’une bascule brutale.
Ma façon de travailler
Je connais le secteur de la formation professionnelle : ses contraintes réglementaires, son rythme, ses angles morts. Mais ce qui m’intéresse dans un projet comme celui-ci, c’est autre chose : comprendre comment une organisation fonctionne vraiment, où sont les frictions, qui fait quoi, ce qui fluidifie ou ce qui bloque.
Choisir un logiciel, c’est un projet de transformation organisationnelle avant d’être un projet technique. L’outil vient en dernier. Les équipes, les usages et les objectifs viennent en premier.
Ce projet rejoint d’ailleurs les enjeux d’une académie interne : structurer, outiller et faire adhérer, au-delà du seul outil.
Et vous, c’est quoi votre outil de gestion ?
Vous vous interrogez sur la pertinence de votre outil ? Vous imaginez qu’il existe d’autres solutions pour optimiser vos process administratifs, commerciaux et pédagogiques ? Vous pilotez un projet de sélection logicielle ou de transformation organisationnelle ? Parlons-en.
Vous cherchez d’abord à comparer les outils du marché ? Lisez mon comparatif des logiciels de gestion pour organismes de formation.


